Nous voilà dans le cas typique de l'application d'une directive et d'un choix national que je respecte, à un marché local spécifique qui risque une déstabilisation beaucoup plus importante que l'on pourrait croire.
Supprimer l'espace publicitaire sur RFO, c'est réduire le champ d'action des annonceurs locaux. C'est donc contribuer à les affaiblir vis-à-vis des marques nationales. Nous sommes bombardés par le biais du satellite, de communications nationales non valorisées en espace local, alors que les marques locales, elles, payent plein pot pour maintenir leur part de voix publicitaires.
L'équilibre entre l'offre locale d'espace et le flux venant de l'extérieur est donc complètement bouleversé, alors que nous avons plus que jamais besoin de développer et renforcer notre autonomie économique. C'est du reste une question chère au gouvernement, au vu des projets de zone franche globale.
Autre répercussion de taille, en réduisant l'espace publicitaire sur RFO, on donne un coup de grâce à une économie de l'audiovisuel déjà sinistrée : Produire un spot local pour une diffusion réduite de moitié ?
- Des fermetures de sociétés de production ont déjà eu lieu (ICV)
- Des techniciens qui doivent changer de métier
- L'équilibre financier des agences conseils en espaces publicitaires remis en cause etc…
Puis vient la question du financement de la mesure en local :
Est-ce raisonnable de penser compenser l'effet de cette réduction d'espace par une taxation des écrans publicitaires venant du satellite ? Par la taxation des autres supports locaux ?
À l'heure des débats des municipales, ce sujet paraît incontournable. Il faut que nos politiques locaux se battent pour préserver les espaces dont nous avons besoin. La production locale en dépend. Notre " régionalisme " aussi.
Exigeons une clause de spécificité à nos départements. Elle pourrait d'ailleurs s'étendre à tous les France 3 régions.
François BRICHANT
Publicitaire membre de l'AACC
Gérant de Lagencedecom'